Un extrait

Un extrait

Pierre était un marchand heureux. Il habitait une riche cité aux côtés de sa femme Catherine. Tous deux formaient un couple comblé et envié. Chaque matin à sept heures, ils ouvraient leur boutique, sur la rue principale, et vendaient tissus, embrasures dorées et richement décorées, coussins, tabourets, poufs, tableaux, tentures et divers objets de décoration de la maison. Le magasin était central et les visiteurs venaient nombreux. Difficile de sortir sans avoir acheté quelque chose. Catherine passait des heures à ajuster la collection, à décorer l’endroit pour qu’il soit plaisant, que les clients y viennent en famille et dépensent sans compter.

La vie était douce. Avec l’argent gagné à la sueur de leur réveil matinal et de leur coucher tardif, ils avaient acheté une belle maison sur la place. Une grande maison avec un immense patio, une cour intérieure au milieu de laquelle trônait un bassin rempli d’eau, de pierres et de plantes rares. Quelques poissons colorés coulaient des jours heureux sous le chaud soleil du pays. Que demander de plus pour un jeune couple d’amoureux au bord de la quarantaine ?

Catherine et Pierre formaient un joli couple. Ils étaient appréciés, aimés, enviés dans la ville. Leur bonheur était apparent, évident. Simple et visible. La vie et leur amour de chaque jour leur avaient donné trois beaux enfants : Jacques, Sylvie et Thomas.

​Jacques, le plus âgé des trois, travaillait déjà aux côtés de ses parents. Son goût et son sens des affaires en faisaient un allié précieux dans les choix des marchandises à acheter auprès des grossistes et des petits artisans qui vendaient pour trois sous des articles que ses parents revendraient au prix fort. Catherine et Jacques adoraient sillonner le pays à la recherche de babioles aussi inutiles que coûteuses que leur fidèle clientèle viendrait s’offrir chez eux.​

Quant à Sylvie et Thomas, bien que plus jeunes que leur frère, ils aimaient déjà être présents dans la boutique et parfois donner leur avis sur certains articles.

Les affaires étaient donc prospères.

C’est alors que Catherine et Pierre pensèrent à s’agrandir.